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68ème CONGRÈS MONDIAL
DU P.E.N INTERNATIONAL
17 – 24 SEPTEMBRE 2002
République de Macédoine

MESSAGE DE BIENVENUE DU PRESIDENT DU P.E.N. MACEDONIEN

Chers collègues,

J’ai le grand plaisir de vous inviter au 68ème congrès du P.E.N international à Ohrid. Ce sera, j’en suis sûr, un grand et bel événement, étant donné aussi le lieu et la saison où il se déroulera. Des balcons et terrasses de l’hôtel, à travers la tranquillité azurée du lac, vous apercevrez les dômes de Sainte-Sophie et les ruelles de la vieille ville serpentant vers la forteresse édifiée au Xème siècle par le Tsar Samuel.

J’ai souvent réfléchi, durant l’année passée, à la signification de ce Congrès mondial, dans la substance duquel, comme l’a dit un collègue écrivain, le monde entier se reflète comme dans une goutte d’eau. J’y ai pensé en particulier sous la lumière des tensions et conflits qui ont eu lieu dans notre pays, qui nous ont rappelé une fois encore la haute importance de notre Chartre. Je suis convaincu que, malgré ces tensions et conflits, la République de Macédoine reste, et cela a été démontré par les efforts de trouver des solutions de paix avec l'appui de la communauté internationale, comme elle l’est restée durant toute cette décade de guerre dans les Balkans, un havre, si fragile qu’il puisse paraître, de communication et de coopération. Et je suis persuadé que la présence ici du P.E.N. international, à ce congrès dont le thème central est Frontières de la Liberté / Liberté des Frontières, soutiendra les principes de notre Chartre et les efforts de construction d’un avenir de paix. Nous voici en effet rappelés à la conscience des frontières intérieures, dressées en nous-mêmes dans nos pensées imparfaites, et des frontières extérieures, tracées par nous, de notre monde imparfait. Le vieux millénium, particulièrement dans la « vieille » Europe, devrait, je pense, être laissé derrière avec toutes ses limites anachroniques – géographiques, historiques, raciales – pour faire place à l’avènement d’un nouveau millénaire, à l’ouverture de pensée et la tolérance.

Durant des générations, nous avons vécu en Macédoine selon un crédo qui faisait du monde un champ de compétition non pas militaire mais culturel entre les nations. Et c’est dans l’esprit de ce crédo que nous avons défini un ensemble de thèmes de discussion, partant de Frontières de la Liberté/ Liberté des Frontières pour passer à Avenir de la Langue/ Langue de l’Avenir ainsi qu’à des débats portant sur les femmes écrivains, les jeunes écrivains et le P.E.N, les littératures slaves dans les Balkans. Tous ces thèmes lancent des initiatives pour l’avenir, lequel est en lui-même symbole de liberté puisqu’il s’ouvre devant nous.

Les écrivains doivent partout espérer qu’au cours de l’aventureux procès connu sous le terme de globalisation les langues, nations et cultures dites « petites » ne perdront pas leur identité, et que le Monde et l’Humanité ne se détruiront pas elles-mêmes, non plus que le vaste spectre de la civilisation contemporaine, avec la richesse et la diversité, les subtilités et les nuances qui font l’essence de tout art et culture.

Tous les séminaires et les séances sont ouverts à la participation d’une audience internationale. Ainsi, les principes d’existence du P.E.N. international – de paix et de tolérance, de liberté de création et de langage, d’ouverture du dialogue et de coopération intellectuelle – seront-ils réaffirmés.

C’est donc pourquoi, cher collègue, je vous invite au nom de tous mes collègues écrivains de Macédoine, à vous joindre à nous pour que nous contribuions ensemble à faire de ce Congrès d’Ohrid un moment mémorable de la grande histoire du P.E.N. International et de ses efforts pour faire reculer les bornes de la liberté, humaine et créative.

Merci pour votre décision de venir à Ohrid.


Dimitar Basevski

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